Le Téléphore timide est un Cantharidae typique de la végétation des zones humides. C’est une espèce assez spécialiste, dite oligotope, très associée aux cariçaies, roselières et autres formations hygrophiles des bas marais. On le trouve de mai à juillet, avec un pic au mois de juin. Silis ruficollis est une petite espèce (entre 6 et 7,5 mm), qu’on trouvera le plus facilement au battage de la végétation ou des prairies attenantes aux zones humides, rarement à vue.

Avec ses élytres et sa tête noirs, et son pronotum rouge vif, on peut de prime abord le trouver assez ressemblant aux autres Cantharidae. À y regarder de plus près, il s’en distingue pourtant assez facilement :

  • le pronotum présente une pointe bien marquée à ses angles postérieurs (encore accentuée chez le mâle qui présente une forte encoche juste avant la pointe) ;
  • les antennes sont crénelées (de manière plus marquée chez les mâles).

Ces deux critères devraient permettre d’identifier la bête sans trop de difficultés, et peuvent s’associer à une autre différence propre aux Silis (dont le Téléphore timide est le seule représentant en France) vérifiable à la loupe : les nombreuses et assez fortes ponctuations du pronotum.

Aide schématique à l’identification de Silis ruficollis, Mark Gurney (2019), traduit par Vincent CLÉMENT.

À l’heure actuelle (01/06/2026), l’espèce ne totalise que 37 observations dans les bases de Faune Grand Est et de la Société Lorraine d’Entomologie. Elles se trouvent toutefois assez largement réparties en Alsace et en Lorraine, Silis ruficollis ne semblant ainsi pas localisé : sa recherche systématique par les naturalistes adeptes des abords de zones humides pourrait mener à des observations plus fréquentes. Si vous le dénichez, pensez à photographier le pronotum afin de valider votre donnée !

Vincent CLÉMENT pour Imago