Certaines espèces d’Hétérocères passent facilement inaperçues si l’on ne cherche pas les larves, le genre Cucullia en est un excellent exemple. En effet, les imagos ne sont pas attirées par les sources classiques de capture (lampes, miellée), ou tout du moins de manière exceptionnelle. Aussi bien que certaines de ces espèces ont longtemps été considérées comme rares et localisées, alors qu’elles sont en réalité bien répandues. Le genre Cucullia compte 29 espèces en France, dont 16 sont citées en Grand Est. Le présent appel à contribution fait le focus sur les Cucullia liées aux armoises, à savoir C. absinthii, C. artemisiae et dans une moindre mesure C. tanaceti.

Cucullia absinthii

C’est probablement la plus répandue et la plus facile à trouver. Elle est possiblement présente dans tous les départements de la région.

Chenille de C. absinthii, Haut-Rhin / Francis Vonau – Galerie Portail entomologique du Grand Est

  • Plante hôte : Artemisia vulgaris
  • Période : mi-août à début octobre
  • Habitats divers : friches, lisières, bords de routes, cultures, y compris dans les milieux anthropisés
  • Départements prioritaires : Ardennes, Aube, Marne, Haute-Marne, Meuse, Moselle, Meurthe-et-Moselle

Pour aller plus loin

Cucullia artemisiae

Espèce très localisée en France, elle semble en nette régression dans de nombreuses régions, dont le Grand Est. Elle est citée de Marne et d’Alsace (Haguenau, Marckolsheim), mais les données sont très anciennes et demandent à être réactualisées. Des populations sont encore présentes dans la plaine du Rhin allemande, ce qui laisse de bons espoirs quant à sa redécouverte en Alsace. Des prospections dans les départements champenois à l’ouest de la région seraient également intéressantes à mener (en marge des populations connues du nord de la France).

Chenille de C. artemisiae, Pas-de-Calais / Adrien Jailloux – Galerie Artemisiae
  • Plante hôte : Artemisia vulgaris, Artemisia campestris, Tanacetum
  • Période : fin juillet à début octobre
  • Habitats divers : friches, lisières, bords de chemins, plutôt en contexte xérothermophile
  • Départements prioritaires : Marne, Haut-Rhin, Bas-Rhin

Pour aller plus loin

Cucullia tanaceti

Espèce peu commune en France, présente surtout dans la moitié sud-ouest, elle paraît localisée en Grand Est. Elle est citée des départements suivants : Meuse (2002), Moselle (1963), Meurthe-et-Moselle (1979) et Haut-Rhin (avant 1935). Des données récentes en Rhénanie, à la frontière avec le Bas-Rhin pourrait suggérer sa présence dans ce département. Cette espèce est à priori plus polyphage que les deux précédentes et ne se trouvent pas que sur les armoises.

Chenille de C. tanaceti, Alpes-Maritimes / Daniel Morel – Galerie Artemisiae
  • Plante hôte : Artemisia, Achillea, Millefolium, Tanacetum, …
  • Période : Juillet à septembre
  • Habitats divers : Pelouses sèches, friches, terrains vagues en contexte xérothermophile, y compris en zones anthropisées.
  • Départements prioritaires : Tous

Pour aller plus loin

Méthodes de recherche

Malgré leur mimétisme, la recherche à vue des chenilles sur les fleurs d’armoises se fait relativement bien avec un minimum de pratique. Très souvent, lorsque les chenilles ont un certain âge, les traces de consommation sont évidentes et c’est de loin la meilleure façon de les détecter. Les tiges sont alors dénudées de fruits et attirent l’œil (voir photo ci-dessous).

Traces de consommation sur Artemisia vulgaris de C. absinthii / Roberto D’Agostino

Mode de saisie

Les données sont à saisir sur Faune Grand Est ou sur le Portail entomologique du Grand Est en précisant le stade « Chenille » et accompagnées de photos pour confirmer l’identification.

Une vingtaine de chenilles de C. absinthii ont été trouvées dans ce massif d’armoises le 25/08/2026, Bas-Rhin / Thomas Lux

Thomas Lux pour IMAGO