
Les Rhagium sont un groupe de quatre Cerambycidés reconnaissables à leur forme trapue et à leurs antennes assez courtes pour des « longicornes ». Les larves creusent des galeries sous l’écorce des vieux arbres ou des troncs déjà abattus ou en décomposition, dans la couche appelée le cambium (sauf Rhagium bifasciatum qui peut se retrouver plus profondément dans le bois mort ou pourri). Avant leur second hiver, elles forment une loge très typique tapissée de copeaux de bois, et accomplissent là leur nymphose. L’adulte, qui passera encore l’hiver dans sa loge, émerge ensuite dès le mois d’avril, et reste observable jusque fin juin.
Pour observer ces sympathiques coléoptères, un simple réflexe à prendre lors de vos sorties naturalistes et balades forestières : scruter les souches sur pied, les troncs au sol (lorsqu’ils ont toujours leur écorce), et particulièrement les grumes entreposées sur le bord des chemins. Il vous faudra parfois y regarder à deux fois, la robe des Rhagium pouvant les rendre difficiles à repérer sur le bois s’ils sont immobiles ! Mais il n’est pas rare de les voir s’activer au soleil le long des troncs couchés. On peut occasionnellement les observer sur quelques fleurs d’arbustes (sureaux, sorbiers, viorne…) dans des proportions variant selon les espèces, mais cette méthode de recherche n’égalera jamais l’examen attentif des grumes et du vieux bois au sol !

En Grand Est, les quatre espèces sont potentielles dans la plupart des régions naturelles et à toute altitude, du moment qu’existe un milieu forestier avec un peu de vieux bois. On note une préférence pour les résineux chez Rhagium bifasciatum et Rhagium inquisitor, et pour les feuillus chez Rhagium mordax et Rhagium sycophanta, sans exclusivité.
La détermination à l’espèce ne pose pas de difficulté majeure, et l’on pourra se référer à la planche des Lepturinae Rhagiini de l’aide à l’identification des longicornes de Franche-Comté de Bertrand Cotte. Un peu de variation reste possible, et certains motifs plus ou moins effacés peuvent compliquer l’affaire : joindre une photo à son observation reste donc fortement recommandé, et permettra de consolider sainement la base de données et la répartition régionale de ces quatre espèces !
Vincent CLÉMENT pour Imago

