L’avantage, dans le monde fascinant des hétérocères, c’est qu’il y en a toute l’année, y compris à nos latitudes et même en plein milieu de l’hiver. Le mois de janvier coïncide avec l’émergence des toutes premières espèces de l’année parmi lesquelles celles du genre Theria. En France, on recense deux espèces, toutes deux présentes en région Grand Est : Theria primaria et Theria rupicapraria.


Vous ne savez plus comment vous occuper après ces longs mois d’hiver interminables ? Vous trépignez d’impatience en attendant le printemps et le lancement de la saison entomologique ? Vous souhaitez mettre un peu de piment dans vos promenades nocturnes pour sortir votre chien ? Ou vous souhaitez tout simplement nous aider à améliorer les connaissances de ce complexe d’espèces mal connu ? Cet appel à contribution est fait pour vous !
Méthodes de prospection, où les chercher ?
De par leur phénologie hivernale, et leur faible attraction par les sources lumineuses, la répartition de ces deux espèces est très mal connue et probablement sous-évaluée. Le meilleur moyen de les observer est de parcourir à la frontale les haies et massifs de Pruneliers et Aubépines, leurs plantes hôtes, lors des soirées « douces » de janvier et février. On y observe alors les mâles, la plupart du temps posés sur les branches, ou virevoltant à proximité immédiate des arbustes, à la recherche des femelles brachyptères. Les deux espèces sont probablement bien répandues dans la région, et si vous connaissez une haie près de chez vous, alors c’est le moment de partir à leur recherche !
Quand les chercher ?
Theria primaria est la plus précoce. Elle émerge dès le début du mois de janvier, parfois même à la fin décembre, et peut voler jusqu’au début du mois de mars. Theria rupicapraria semble légèrement plus tardive avec une période de vol s’étalant de début février à début avril. A l’échelle nationale, Le pic de la première est observé dans la première décade de février et celui de la seconde dans la troisième décade de février. Les deux espèces volent dès le début de la nuit.
Comment les différencier ?
Les deux espèces sont très proches et fréquentent régulièrement les mêmes habitats avec des périodes de vol qui se chevauchent. La prudence est donc de mise lors des prospections, et l’idéal est de prendre des photos des papillons observés pour permettre leur validation. Il existe heureusement quelques critères diagnostiques, plus particulièrement chez les mâles, qui permettent la distinction entre les deux espèces.

Pour aller plus loin…
Theria primaria :
- Répartition et phénologie en Grand-Est – Portail entomologique du Grand Est
- Lépi’net
- Lépiforum
Theria rupicapraria :
- Répartition et phénologie en Grand-Est – Portail entomologique du Grand Est
- Lépi’net
- Lépiforum
A vos doudounes et frontales !
Thomas Lux, association IMAGO.
