
Il s’agit probablement de l’un des oiseaux les plus suivis de cette fin d’année ! Nommé Karel, cet Aigle criard (Clanga clanga) a été capturé adulte et équipé d’une balise GPS en Estonie où ce mâle s’est reproduit en 2025. Son parcours migratoire l’a conduit en France après un passage par la Pologne et l’Allemagne.
L’Aigle criard est une espèce très rare en France et seuls quelques individus passent l’hiver en Camargue. La possibilité de suivre les déplacements d’un Aigle criard pendant sa migration en France est une réelle chance car la grande majorité des individus empruntent une voie migratoire plus orientale qui passe par l’Europe de l’Est et la Moyen-Orient (voir carte ci-dessous).

Sur les 11 aigles du programme, deux sont passés par la France : Karel, qui fait l’objet de cet article, et Rutjuv qui est passé brièvement par la côte méditerranéenne. Malheureusement, ce dernier est décédé en Espagne.
La forme fulvescens
Ce qui rend l’observation encore plus exceptionnelle est le plumage très clair de l’individu, que l’on appelle « forme fulvescens ». A la place de la livrée brun foncée habituelle de l’espèce, les aigles avec ce plumage ont les couvertures alaires, la tête et le corps entièrement beige.

Seuls 3% environ des Aigles criard sont de forme fulvescens. Karel s’est reproduit en 2025 et son aiglon est également de cette couleur alors que la femelle du couple arbore un plumage classique. Vous pouvez voir une photo et le trajet migratoire du jeune de Karel, Karjuv, sur birdmap (lien ci-dessous)
Où en est-il ?
Le 07/12/2025, Karel était en Champagne-Ardenne, dans la Haute-Marne après avoir parcouru la Moselle, la Meurthe-et-Moselle et les Vosges en passant part l’est et le sud de Nancy !

Pour suivre ses déplacements au jour le jour, rendez-vous sur ce site : https://birdmap.5dvision.ee/en/
Les données de la balise sont diffusées une fois par jour dans la soirée si la batterie solaire de cette dernière le permet. Il est ainsi possible de savoir où dort l’aigle, qui choisit généralement un boisement, et de pouvoir espérer le voir le lendemain lorsqu’il décolle de son dortoir. Il est important de ne pas le gêner et de se poster à distance de son lieu de repos.
Les grands rapaces sont fidèles à leur lieu d’hivernage. Karel étant adulte, il se dirige probablement vers son site d’hivernage favori, peut-être en France, voire dans le Grand Est ! Les secteurs peu pourvus en ornithos sont nombreux et il est étonnant comme un rapace de cette taille peut passer inaperçu pendant de longues périodes, à l’instar de l’Aigle impérial qui stationne en Champagne.
Seul l’avenir nous diras où Karel décidera de s’arrêter pour l’hiver ! Il n’a pas l’air pressé car les dates de migrations de cette espèce sont normalement plus tôt et la plupart de ses congénères ont déjà atteint leurs sites d’hivernages.
